LES SCANDALES DE BERLIN
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cette noblesse qui est un des plus fermes soutiens de
la monarchie prussienne.
M. de Hardenberg se renversa dans son fauteuil,
en poussant un soupir qui passa inaperçu.
— Parlez, monsieur le comte, — dit-il brièvement.
— Les terres, — continua M. de Finkenstein, —
ont beaucoup souffert de la liberté des métiers, de
l’introduction des impôts sur la consommation, de
l’abolition de la réquisition des chevaux. La sécularisation
des biens ecclésiastiques a eu aussi une fâcheuse
influence sur notre prospérité.
— Toute réforme, si nécessaire qu’elle soit, dos
choses établies depuis longtemps, — interrompit le
chancelier, -— produit toujours des maux passagers
qui, du reste, trouvent promptement leur remède
dans le développement plus étendu et plus libre d’une
prospérité générale.
— Pourtant, ■— s’écria le major de la Marwitz, — il
paraît au moins douteux qu’on ait choisi l’instant opportun
pour des réformes aussi radicales, car l’Etat
est blessé, très affaibli. Le parfait rétablissement de
la Prusse ne peut se faire que par la conservation,
que par l’affirmation de ce qui existe, de ce qui a été
éprouvé, et non par l’introduction hâtive des prii -
cipes révolutionnaires français, qui sont un po ,,
dans l’État du Grand Frédéric.
— Éprouvé?... — demanda M. de Hardenl
parfaitement calme, mais lançant à son interlocui
un regard qui exprimait son déplaisir. — Les vieil] :
institutions ont-elles paru si éprouvées à Iéna et pondant
la chute qui a suivi ce jour de malheur ? L’État
de Frédéric le Grand, de cet esprit libre, net, hardi,
ne peut, en aucune façon, prendre pour modèle l’immobilité
chinoise.