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III. Le Chancelier

Full text : Les scandales de Berlin / Meding, Oskar (Public Domain)

LES  SCANDALES  DE  BERLIN

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cette  noblesse  qui  est  un  des  plus  fermes  soutiens  de
la  monarchie  prussienne.
M.  de  Hardenberg  se  renversa  dans  son  fauteuil,
en  poussant  un  soupir  qui  passa  inaperçu.
—  Parlez,  monsieur  le  comte,  —  dit-il  brièvement.
—  Les  terres,  —  continua  M.  de  Finkenstein,  —
ont  beaucoup  souffert  de  la  liberté  des  métiers,  de
l’introduction  des  impôts  sur  la  consommation,  de
l’abolition  de  la  réquisition  des  chevaux.  La  sécularisation ­
  des  biens  ecclésiastiques  a  eu  aussi  une  fâcheuse ­
  influence  sur  notre  prospérité.
—  Toute  réforme,  si  nécessaire  qu’elle  soit,  dos
choses  établies  depuis  longtemps,  —  interrompit  le
chancelier,  -—  produit  toujours  des  maux  passagers
qui,  du  reste,  trouvent  promptement  leur  remède
dans  le  développement  plus  étendu  et  plus  libre  d’une
prospérité  générale.
—  Pourtant,  ■—  s’écria  le  major  de  la  Marwitz,  —  il
paraît  au  moins  douteux  qu’on  ait  choisi  l’instant  opportun ­
  pour  des  réformes  aussi  radicales,  car  l’Etat
est  blessé,  très  affaibli.  Le  parfait  rétablissement  de
la  Prusse  ne  peut  se  faire  que  par  la  conservation,
que  par  l’affirmation  de  ce  qui  existe,  de  ce  qui  a  été
éprouvé,  et  non  par  l’introduction  hâtive  des  prii  -
cipes  révolutionnaires  français,  qui  sont  un  po  ,,
dans  l’État  du  Grand  Frédéric.
—  Éprouvé?...  —  demanda  M.  de  Hardenl
parfaitement  calme,  mais  lançant  à  son  interlocui
un  regard  qui  exprimait  son  déplaisir.  —  Les  vieil]  :
institutions  ont-elles  paru  si  éprouvées  à  Iéna  et  pondant ­
  la  chute  qui  a  suivi  ce  jour  de  malheur  ?  L’État
de  Frédéric  le  Grand,  de  cet  esprit  libre,  net,  hardi,
ne  peut,  en  aucune  façon,  prendre  pour  modèle  l’immobilité ­
  chinoise.
            
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